On est samedi, et vous recevez des amis à dîner. La sauce de la terrine de légumes était épicée juste à point, le rôti était impeccablement cuit et fondant, le glaçage des éclairs au chocolat était digne d’un professionnel. En partant, vos amis vous félicitent : vraiment, c’était très bon, tu t’es surpassé ce soir. Et vous : non, non, vraiment, j’ai fait ce que j’ai pu, alors qu’intérieurement vous pensez « Yes !!! Je me suis bien éclaté »
Qu’est-ce qui peut bien nous pousser à refuser ainsi un compliment, même quand il est objectivement justifié ? Pourquoi cette « fausse modestie », comme on l’appelle parfois ?
Ce qui se joue dans une situation de ce type, c’est notre capacité à accueillir nos émotions et notre façon de réagir à un feedback. J’ai pris l’exemple d’un compliment, mais ça fonctionne aussi dans l’autre sens. Prenons une autre situation :
Vous êtes chargée de la paye dans votre entreprise, et vous venez de faire une erreur dans le solde de tout compte d’un salarié qui est parti. Vous vous en êtes aperçue ce matin, et vous avez bien dû le signaler, car ça va quand même coûter quelques centaines d’euros à l’entreprise. Votre responsable arrive dans le bureau, et vous fait une remarque un peu sèche : « Tu as fait une erreur qui n’est pas négligeable, quelles mesures vas-tu prendre pour renforcer les contrôles de paye le mois prochain ? » et là, vous partez « en live » : Ouais, ça va, en même temps y a pas mort d’homme, et puis avec la charge de travail que j’ai, je fais ce que je peux, et puis j’en ai marre » et vous sortez du bureau en claquant violemment la porte.
Que s’est-il passé ? La même chose que dans le cas du compliment. Comment j’accueille mon émotion, qu’est-ce que j’en fais, et comment je réagis face à un feedback (ici négatif, et positif dans le premier cas).
Dans un cas comme dans l’autre, vous voyez bien que la réaction est inappropriée. Comment faire, alors, pour ne pas nous laisser submerger par une émotion, ou pour ne pas la nier, mais pour la traiter avec justesse ? Je vous propose de pratiquer la « technique du cockpit ».
Voilà. Maintenant, vous avez en main un outil pour vous aider à accueillir les émotions, à faire le tri dans ce que vous voulez garder, et à répondre de la façon qui vous semblera la plus ajustée, sans tomber dans la fausse modestie ou dans la colère intempestive. A vous de jouer !